Vendredi 19 septembre 2008
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Dunno.
J'avais un rêve, stupide, puéril, d'être une star de la musique, ou un acteur, une égérie de la marque d'une certaine personne de mon entourage, drogué jusqu'à la moelle, vivant en colloc dans un
pays que j'admire et dont la mentalité me dégoute en de nombreux points cependant.
J'avais ce rêve de finir par lui pourrir sa carrière, de m'en vouloir, de crever d'une overdose dans la rue, en pleine gloire. Ca ferait chialer des midinettes, ça ferait rire les critiques, ça
ferait dire que la jeunesse est pomée par les plus anciens.
Où sont passés les rêves ? Où est passée la déraison ?
Quand ai-je cessé d'y croire ? Quand ai-je cessé de rêver ?
Petit je faisais pas mal de conneries, je me jetais d'un arbre de dix mètres sans même penser que je pouvais m'éclater le dos, un bras, une jambe, je dévalais des pentes en roller, ignorant
l'existence des freins, sans imaginer que je pouvais me retrouver à l'hopital la gueule en sang.
Et quelque chose est passé, l'insouciance s'est envolée, les rêves se sont effacés, pour faire place à la raison, à l'absence de confiance, la peur de tout. Qu'est ce qui s'est passé ? Aucune idée.
Un jour j'ai changé.
Cloitré devant un ordinateur, fuyant tous contacts avec l'extérieur, me réfugiant derrière un écran pour rencontrer des gens, et le deuxième stade est passé. La peur de rencontrer des gens, même
via un monde virtuel, la hantise de croiser des gens du virtuel dans la vraie vie.
Je veux redevenir ce jeune con qui se jette par terre sans réfléchir, je veux arrêter de sourire pour mentir.
Régresser ou évoluer ?
Je veux partir, partir loin, recommencer ma vie, en ne gardant que le nécessaire, en fuyant les regrets.
Retrouver la déraison, l'inconscience, juste vivre comme un gosse.
Juste être égoiste, ne pas me soucier de demain.
Depuis quand ma raison l'a-t-elle emporté sur mes désirs ?
Depuis quand a-t-elle remplacé mon coeur ?
Je ne veux plus grandir si ça signifie continuer dans la voix que j'emprunte depuis de nombreuses années.
Et pourtant il ne s'agit que de mots, vous comme moi, nous savons pertinnement que jamais je n'aurais l'initiative, que jamais je n'outrepasserais ma raison.
Une seule raison, la peur.
Il faut que je parte, que je sorte, hurler, casser, pleurer, saigner, rire, vivre.
Illusions et mensonges.
Je vivrais probablement comme tout le monde, métro, boulot, dodo. 8h, 17h, ma hantise, et la routine s'installera, lentement, mais sûrement, et me bouffera, et me tuera.
Et je me hais pour être aussi faible, je suis la cause de ma propre perte.